La meilleure façon de dépister la violence conjugale est d’interroger systématiquement toutes les patientes
Toutefois, un dépistage systématique étant difficile à mettre en place, certains comportements, symptômes et contextes de consultation peuvent vous interpeler et vous amener à questionner les patientes
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Beaucoup de femmes victimes de violences se soignent mal du fait de leur situation Elles ont honte de leur situation, elles ont peur, elles sont parfois menacées par leur agresseur et n’osent pas en parler.
I. À quelles patientes faut-il penser ?
À celle qui ne prend pas correctement son traitement, À celle qui manque ses rendez-vous, À celle qui ne consulte pas quand elle en a besoin, À celle qui rentre précipitamment à son domicile ou qui ne peut pas attendre, À celle qui consulte toujours avec son mari, À celle dont le mari parle à sa place, À celle qui n’a pas fait ce qu’il fallait lors d’une crise aïgue de sa pathologie À celle dont la pathologie se déséquilibre ou s’aggrave
Pourquoi ?
Il l’empêche de se rendre en consultation ou contrôle tous ses faits et gestes, Elle ne peut consulter que lorsque son conjoint est absent ou doit rentrer à la maison avant son retour, Son conjoint refuse de lui porter assistance lors des crises, Il cache ses médicaments, Il ne lui donne pas l’argent nécessaire pour aller consulter ou acheter les médicaments.
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II. Indices comportementaux
Chez la femme :
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Consultations médicales fréquentes et répétitives, " surconsommation médicale " : la violence subie a de lourdes conséquences physiques et morales qui amènent les patientes à consulter, souvent sans dire au praticien qu'elles sont victimes de violence et parfois sans être consciente que les symptômes qu'elles présentent sont liés à la violence.
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Retard aux rendez-vous, " oubli " des rendez-vous, départ précipités de la consultation ou attitude pressée : le partenaire maltraitant peut empêcher la femme de consulter, contôler où elle va et à quelle heure elle rentre du domicile. · Nervosité, sursauts, pleurs, inquiétude, gêne, embarras, regard fuyant, confusion : la violence psychologique, l'état de tension dans lequel elles sont, la peur en sont en partie responsables.
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Anxiété, attitude déprimée ou triste qui sont probablement dus à la terreur et au danger.
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Incohérence dans le récit des faits, refus d'expliquer l'origine de ses blessures ou symptômes, délai entre l'accident et la demande de soins : les femmes victimes de maltraitance nient parfois cette violence, la cache parce qu'elles ont honte.
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Femme dépendante de son conjoint, qui en a peur, qui le regarde avant de parler : l'auteur des violences contrôle en permanence sa partenaire, même lors des consultations.
Chez le mari :
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Hyperprévenant, répondant à la place de sa femme : c'est un moyen utilisé pour contrôler sa partenaire et pour l'empêcher de révèler la violence.
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Violent verbalement, critiquant les actes de sa partenaire
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Contrôlant sa partenaire par des expressions du visage ou attitudes intimidantes
III. Symptômes cliniques
Tous les troubles physiques et psychologiques conséquents à la violence sont autant de signes d'appel pour le repérage de la violence
Nous les énumérons simplement dans cette partie, ils sont repris plus en détail dans la partie " Abord par spécialités " du site.
Les lésions traumatiques :
De tous types, de localisation variée, récurrentes, multiples et parfois mortelles
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Contusions
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Plaies
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Brûlures
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Fractures
Les troubles psychologiques :
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Troubles émotionnels : colère, honte, sentiment de culpabilité
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Anxiétés et états de panique
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Troubles psychosomatiques : douleurs chroniques, céphalées, asthénie, engourdissements, fourmillements, palpitations, difficulté à respirer
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Troubles du sommeil
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Troubles de l’alimentation
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Dépressions avérées avec ou sans idées et/ou tentatives de suicide
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Syndomes post-traumatiques
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Troubles psychotiques
Les abus de substances :
Les affections génitales :
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Maladies sexuellement transmissibles, HIV
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Dyspareunies, troubles sexuels, douleurs pelviennes chroniques Infections génito-urinaires
Pathologies chroniques aggravées ou déséquilibrées :
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Diabète
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Asthme
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Angine de poitrine
IV. Autres motifs de consultation
Grossesse :
Selon les études, entre 1 et 20 % des femmes enceintes sont victimes de violences conjugales (Gazmararian, 1996). La grossesse peut être à elle seule un motif de recherche de violence conjugale.
La violence peut être responsable par ailleurs de nombreux troubles.
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Fausses couches
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Menace d'accouchement prématuré
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Décollement rétroplacentaire, hémorragies, ruptures utérines
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Fractures fœtales, hypotrophies fœtales
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Douleurs inexpliquées, chroniques
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Lésions traumatiques
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Consommation excessive de psychotropes
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Grossesse non désirée ou Interruption Volontaire de Grossesse
Renouvellements ou demandes de traitements médicamenteux :
D'après plusieurs études nord-américaines, les femmes victimes de violence conjugale se voient prescrire plus de psychotropes. Les femmes battues consultent plus les services psychiatriques pour utilisation abusive de tranquillisants ou analgésiques (Mazza, 1996).
Une consultation pour un renouvellement d'antalgiques, d'anxiolytiques, d'antidépresseurs ou d'hypnotiques peut être l'occasion de rechercher une situation de violence.
Demande de soins pour les enfants :
La violence dont l'enfant est témoin a les mêmes effets sur lui que s'il était lui-même violenté. La mère peut consulter pour ses enfants. Il faut savoir penser à la violence devant certains troubles de l'enfant :
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Lésions traumatiques
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Toubles du sommeil
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Troubles de l'alimentation
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Angoisses
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Symptômes dépressifs
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Troubles psychosociaux : retard scolaire, violence, fugues, toxicomanie, délinquance, idées/tentatives suicidaires
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Troubles du langage
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Troubles auditifs
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Retard staturo-pondéral
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Troubles sphinctériens
Demande de soins pour le mari :
La femme peut considérer que son partenaire est violent parce que " malade " et faire appel au médecin pour le soigner en pensant stopper ainsi la violence.
Elle peut lancer un appel à l'aide et susciter l'intervention d'une tierce personne à travers une demande de soins pour son conjoint.
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Troubles du comportement
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Alcoolisme
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Toxicomanie
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Troubles psychiatriques
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